Syndrome de KISS : ce que l’on sait, ce que l’on ignore
Il est trois heures du matin. Votre bébé pleure, se cambre, refuse un côté pour téter. Sa tête repart toujours vers la même épaule. Vous cherchez une explication sur votre téléphone, et quatre lettres reviennent : KISS.
Vous lirez qu’il s’agit d’un syndrome connu…puis qu’il n’existe pas. Les deux camps ont un peu raison. Voici ce que l’on sait, ce que l’on ignore, et surtout ce qui compte pour votre enfant.
D’où vient le mot « KISS »?
Le terme a été proposé au début des années 1990 par un médecin allemand pratiquant la thérapie manuelle, Heiner Biedermann. KISS est l’acronyme allemand de « trouble de symétrie induit par un blocage entre la première vertèbre cervicale et la base du crâne , en plus simple c’est l’articulation entre la colonne et la tête » ; On parle de déséquilibre lié à une tension sous-occipitale.
L’idée principale: il s’agit d’ une contrainte à la jonction entre le crâne et les premières vertèbres du cou qui pourrait expliquer un ensemble de signes chez le nourrisson.
Les signes le plus souvent décrits
- tête tournée ou inclinée toujours du même côté ;
- corps en forme de « C » , » en virgule » ou cambré en arrière ;
- difficulté à téter d’un côté ;
- pleurs prolongés, sommeil agité ;
- tête qui s’aplatit d’un côté ;
- bébé qui n’aime pas être sur le ventre.
Aucun de ces signes, pris seul, ne suffit à dire quoi que ce soit. Beaucoup de ces symptômes sont fréquents chez les nourrissons en bonne santé.
Pourquoi le terme fait débat ?
Le « syndrome de KISS » n’est pas reconnu par la médecine. Aucune étude solide n’a montré qu’il forme une maladie à part entière, avec une cause unique et un test pour la reconnaître. Les revues scientifiques sur le sujet n’ont trouvé que très peu de travaux, de faible qualité.
Ce que je retiens, après des années auprès des tout-petits c’est que si on peut discuter sur l’étiquette , on ne peut pas nier la gêne de l’enfant Un bébé qui ne tourne la tête que d’un côté, qui ne trouve pas sa position, qui pleure sans répit, qui a du mal à s’alimenter, mérite qu’on le regarde avec attention — quel que soit le nom qu’on donne à ce qu’il vit.
J’utilise donc le mot KISS parce que c’est celui que vous cherchez. Mais au cabinet, on ne soigne pas un sigle : nous rencontrons un enfant.
Ce que nous regardons au cabinet
A la première séance nous commençons par vous écouter. La grossesse, l’accouchement, les premières semaines, les tétées, les nuits : votre récit compte autant que ce que nous dirons nos mains.
Nous observons ensuite votre bébé bouger, librement, sur la table ou dans vos bras. Comment il tourne la tête, comment il s’allonge, comment il cherche le sein ou le biberon.
Puis vient le toucher. Chez le nourrisson, il est doux, lent, sans aucun geste forcé : on accompagne les tissus, on ne les brusque pas. Avant 6 mois, la loi encadre strictement les gestes ostéopathiques sur le crâne et la nuque, et nous travaillons à 2, un ostéopathe et un médecin-ostéopathe en lien avec votre médecin ou votre pédiatre.Ce qui sécurise le traitement ostéopathique et conforte le diagnostic.
Chaque bébé est différent. Certains s’apaisent vite, d’autres demandent plus de temps. Je vous dis honnêtement ce que j’observe, et ce qui ne relève pas de moi.
Quand voir d’abord le médecin
Certains signes ne relèvent pas de l’ostéopathie. Consultez votre médecin ou votre pédiatre sans attendre si votre bébé :
- a de la fièvre ;
- refuse de boire, ou mouille peu ses couches ;
- perd du poids ou n’en prend pas ;
- vomit en jet ou de façon répétée ;
- a un torticolis apparu brutalement, ou une boule dans le cou ;
- est anormalement somnolent ou mou ;
- perd une acquisition qu’il avait (sourire, tenue de tête).
Un bébé qui tourne toujours la tête du même côté a, le plus souvent, une simple gêne posturale. Mais seul un examen médical peut écarter une cause plus sérieuse. L’ostéopathie vient en complément, jamais à la place.
Questions fréquentes
Le syndrome de KISS existe-t-il ? Comme maladie reconnue, non. Comme ensemble de gênes réelles chez certains bébés, oui : c’est ce que l’on observe chaque jour.
À partir de quel âge consulter un ostéopathe ? Dès les premières semaines. Avant 6 mois, les gestes sur le crâne et la nuque sont strictement encadrés par la loi.
Est-ce que ça fait mal ? Non. Le toucher est doux ; certains bébés s’endorment pendant la séance.
Combien de séances faut-il ? Cela dépend de chaque enfant. Nous faisons le point ensemble après la première, mais nous suivons généralement un protocole de soins sur trois séances.
Que puis-je faire à la maison ? Varier les positions sur les côtés pour le porter ou pour le nourrir et lui parler. Le coucher toujours sur le dos pour dormir, et lui offrir de courts moments sur le ventre quand il est éveillé et sous votre regard.
Prendre rendez-vous
Votre bébé vous inquiète ? Parlons-en. Nous vous reçevons sur RdV au cabinet d’ Avignon centre
19, rue des 3 faucons – 84000 Avignon – Appelez au 06.08.31.83.05
Dr Serge Larcher, Médecin-ostéopathe
Gérard Longuet, ostéopathe D.O.